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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

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La caverne aux Mille Visages
Professeure
Auror
Photographe
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 13/08/2024 à 00:50:48

Lorsque Hellia poussa la porte de la nurserie, elle demeura figée sur le seuil, captivée par la scène qui se déployait devant elle. La lumière tamisée de la pièce baignait les deux jeunes filles dans une douce lueur, créant un tableau empreint d'une sérénité presque irréelle. Sixtine, penchée avec une délicatesse infinie sur Kenia, tamponnait doucement le visage de la jeune Poufsouffle avec un gant imbibé d'eau fraîche, son geste empreint d’une tendresse presque maternelle. La scène, telle une œuvre d’art figée dans le temps, dégageait une chaleur inattendue et une intimité poignante qui contraignait Hellia à une réflexion silencieuse.

Sa fille et la sœur de Noah étaient toutes les deux éveillées, leurs regards tissés d'une complicité inexplicable, une alliance palpable flottant entre elles. Pendant un bref instant, elle se demanda si, par un étrange phénomène, les deux jeunes filles avaient perçu cette communion familiale secrète qui les liait. Puis, elle balaya cette pensée, consciente de l'absurdité de la supposition. Adnan et elle étaient les seuls à détenir cette vérité enfouie, et il était inconcevable que les filles aient pu en deviner les contours cachés. Les secrets familiaux, pensait-elle, demeuraient imperméables aux regards innocents.

Un sourire empreint de douceur se dessina sur les lèvres de la fourchelang alors qu'elle s'approchait des deux adolescentes. Le regard de Sixtine se détournait du sien, comme pour masquer les éclats d'inquiétude qu'il contenait, tandis que Kenia, les joues légèrement rouges, semblait tout aussi hésitante. L'ombre d'une appréhension traversait leurs visages, comme si elles craignaient une réprimande pour les événements survenus dans la grotte. Elle se hâta de les apaiser.
Ce n'était pas de votre faute, dit-elle d'une douce rassurante. C'était un accident, et heureusement, vous allez toutes les deux bien maintenant. Vous avez juste besoin de repos pour récupérer. Son regard rassurant et sa voix pleine de chaleur semblaient envelopper les jeunes filles d'une couverture de réconfort, désirant dissiper les derniers vestiges de leur anxiété.

Se retournant vers Greyne, restée immobile sur le seuil de la porte, elle donna ses instructions d'une voix empreinte de calme. Greyne, demande à Aerin d'apporter de la soupe pour Miss Sixtine et Miss Kenia, ainsi que du jus d'orange pressé, s'il te plaît. À peine l'elfe de maison avait-elle disparu qu'elle se tourna de nouveau vers les deux jeunes filles, un sourire espiègle aux lèvres. Il vaut mieux que ce soit Aerin qui se charge de cela si nous voulons que tout arrive en un seul morceau, dit-elle en laissant filtrer une note de légèreté dans sa voix. Elle faisait bien sûr allusion à la maladresse proverbiale de Greyne, espérant ainsi égayer un peu l'atmosphère empreinte de gravité qui régnait dans la pièce.

S’approchant des lits où reposaient les deux jeunes sorcières, Hellia déposa un baiser doux et affectueux sur le front de sa fille, dont le visage semblait retrouver peu à peu de la couleur. Elle offrit ensuite un baiser réconfortant à Kenia, comme un geste empreint de chaleur et de soutien. Ton frère m’a demandé de t’embrasser. Il ne devrait pas tarder à rentrer, murmura-t-elle, cherchant à apporter un peu de réconfort à la jeune fille. Anticipant les questions pressantes de Sixtine dont elle connaissait la curiosité, elle décida d’orienter la conversation. Je vais aussi demander à Aerin de vous apporter le gramophone pour que vous puissiez écouter de la musique, ainsi que de quoi dessiner. Cela vous occupera un peu.

Elle échangea un dernier regard plein de tendresse avec les deux adolescentes, satisfaite de voir qu’elles étaient en bien meilleure forme que la veille, comme Wesley l’avait confirmé. Puis, elle tourna les talons, prête à trouver Aerin et à faire préparer ce qu'il fallait pour égayer la convalescence des jeunes filles.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 14/08/2024 à 10:49:06



Elaia était certaine d'avoir pris la bonne décision en faisant confiance à Sixtine. La jeune sorcière s'était révélée être une confidente attentive, une présence réconfortante qui l'entourait d'une chaleur apaisante. Malgré le flot continu de ses sanglots, une vague de soulagement commençait à l'envahir, comme si un poids qu'elle portait depuis trop longtemps se dissipait peu à peu. Mais au-delà de cette libération émotionnelle, la plus grande consolation pour Elaia résidait dans cette certitude nouvelle : elle n'était plus seule. Désormais, elle pouvait s'appuyer sur quelqu'un, quelqu'un qui comprenait ses douleurs les plus profondes et qui serait là pour elle, même dans les moments les plus sombres.

Alors que la mère de Sixtine entrait, Sixtine se montra très attentionnée envers Kenia et elle ne put que s'en montrer reconnaissante, elle sentait peu à peu un sentiment de gratitude l'envahir. Elle n'aurait jamais osé espérer qu'on prenne autant soin d'elle. Sixtine, avec une douceur presque instinctive, semblait la protéger non seulement physiquement, mais aussi émotionnellement, comme si elle formait un bouclier invisible autour d'elle, la couvrant de cette bienveillance qu'elle avait tant crue inaccessible. En cet instant, Kenia se sentit non seulement reconnue, mais profondément comprise, et cela lui apportait un réconfort inestimable. Elle semblait la couvrir encore mieux que ce qu'elle aurait pu espérer.

~ Joyce ~

Qu'est-ce que c'était que cette scène ? Joyce n'en croyait pas ses yeux. Là, en plein milieu de la pièce, elle se retrouvait chouchoutée par Sixtine, une attention qu'elle n'aurait jamais imaginé recevoir. C'était tellement inattendu, presque irréel. Sixtine s'affairait autour d'elle avec une délicatesse et une minutie qui laissaient Joyce à la fois surprise et amusée. Elle n'avait jamais connu une telle attention, et il fallait bien avouer que ce n'était pas désagréable. Au contraire, c'était plutôt chouette, non ? Sentir cette chaleur bienveillante, être le centre de tant de soins...

Au début, tout cela ne semblait être qu'une scène lointaine, presque irréelle, que Joyce observait avec une certaine envie, un désir timide de s'y intégrer. C'était comme regarder à travers une vitre, séparée du monde qui l'entourait, spectatrice d'une chaleur qu'elle voulait mais ne ressentait pas. Mais, soudain, quelque chose changea. Un léger picotement se fit sentir sur ses joues, un frisson délicat qui parcourut sa peau. C'était le retour des sensations, de la vie qui renaissait en elle. Elle passa ses doigts sur sa joue, surprise par cette réaction. Ce n'était plus une simple scène qu'elle contemplait de loin; elle en faisait maintenant partie. Le voile qui la séparait des autres se dissipait peu à peu, et avec ce retour des sensations, elle se sentait peu à peu reconnectée, non seulement à ce qui l'entourait, mais aussi à elle-même.

Échappant aux griffes de la douleur, un sourire radieux se dessina aussitôt sur les lèvres de Joyce.
Eh, Sixtine, on a survécu ! On est de vraies warriors ! lança-t-elle avec une étincelle dans les yeux, sa voix vibrant d'une énergie contagieuse. Ce moment de légèreté contrastait fortement avec l'atmosphère qui les entourait, mais c'était bien typique de Joyce. Son caractère dynamique et plein d'entrain la distinguait des autres alters du système, créant souvent un décalage frappant. Là où certains se seraient laissés submerger par l'angoisse ou l'épuisement, Joyce, elle, refusait de se laisser abattre. Son enthousiasme, presque déconcertant par moments, éclatait comme un rayon de soleil à travers les nuages, ramenant un peu de chaleur et de vie là où tout semblait figé. Cette énergie débordante pouvait parfois sembler incongrue, mais c'était justement cette force qui faisait de Joyce une amie inestimable, capable de transformer même les situations les plus sombres en une aventure digne d'être vécue.

Oups, désolée, Madame St. James, je ne vous avais pas vue, s'exclama Joyce, un peu gênée par sa propre exubérance. Je vais vous laisser avec votre fille, peut-être... Sa voix, habituellement pleine de vie, s'éteignit légèrement tandis qu'elle se préparait à se retirer discrètement. Pourtant, en croisant le regard de Madame St. James, elle réalisa soudain qu'elle n'était pas seulement là pour Sixtine. Il y avait dans ses yeux une bienveillance qui ne laissait aucun doute : elle était aussi là pour Joyce.

Un peu surprise par cette attention inattendue, Joyce se contenta de se rasseoir, son excitation retombant en une tranquillité nouvelle. Hellia St. James prit alors la parole, sa voix douce et rassurante emplissant la pièce d'une chaleur apaisante. Alors qu'elle parlait, Joyce se laissa envelopper par cette présence maternelle. Ce moment n'était plus seulement pour Sixtine, c'était aussi pour elle, un instant où elle se sentait acceptée, protégée, même au milieu de ses maladresses. Ce qui aurait pu être un moment d'embarras se transforma en une douce reconnaissance, une prise de conscience que, malgré les apparences, elle avait aussi sa place ici, dans cette petite bulle de réconfort partagée.

Sans vouloir manquer de respect à la mère de Sixtine, Joyce se mordilla la lèvre, hésitante, avant de se pencher légèrement vers Sixtine. D'un ton presque conspirateur, elle chuchota :
Sixtine… tu veux pas continuer ce que tu faisais sur mon visage ? Ça faisait tellement de bien ! Ses yeux brillaient d'une lueur implorante, mêlée d'un espoir enfantin qui trahissait combien ce simple geste lui avait apporté de réconfort.

Joyce savait qu'elle risquait de paraître un peu impertinente, surtout devant Madame St. James, mais l'envie de retrouver cette sensation apaisante l'avait emporté.

Hellia poursuivait la conversation, passant en revue les formalités concernant leur convalescence. Joyce écoutait d'une oreille distraite, absorbée par ses propres pensées, jusqu'à ce que quelque chose capte soudainement son attention. Lorsque Hellia évoqua la musique, un terme inconnu franchit ses lèvres, piquant immédiatement la curiosité de Joyce. Elle ne connaissait pas du tout l'outil dont il était question, mais le simple fait qu'il soit lié à la musique suffisait à éveiller en elle une vive anticipation.

Les yeux de Joyce s'illuminèrent d'excitation, son esprit déjà en train d'imaginer toutes les possibilités. Pour elle, la musique avait toujours été une échappatoire, un refuge où elle pouvait se perdre et se retrouver. Si ce mystérieux outil promettait de lui offrir une nouvelle manière d'explorer cet univers sonore qu'elle chérissait tant, elle était impatiente de le découvrir.

Merci beaucoup, Madame, répondit-elle avec un sourire sincère, ses mots imprégnés d'une gratitude non feinte.


Willy Hopkins ~ Golden Hour
Brian Parrish ~ Deux blaireaux en vadrouille
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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 14/08/2024 à 20:02:34

La jeune Serpentard avait arrêté de tamponner les yeux de Kenia à l'instant précis où elle avait perçu le pas léger de sa mère franchir le seuil de la chambre. Ce n'était pas que ce geste, empreint de douceur, fût malvenu, mais elle savait qu'il valait mieux éviter de susciter des interrogations inutiles. Sa mère, toujours si observatrice, n'avait besoin que du moindre détail pour laisser son esprit s'engouffrer dans un tourbillon de questions. Ainsi, elle préféra cesser son geste, dissimulant derrière un masque d'indifférence l'attention qu'elle portait à la jeune Katteridge, comme si rien ne pouvait trahir le secret qui les liait.

Sixtine écoutait attentivement sa mère, absorbant chacun de ses mots alors qu'Hellia les rassurait à propos de l'incident dans la grotte. Elle accueillit sa tendresse, un comportement inhabituel pour elle, qui d'ordinaire aurait tenté de se dérober. Mais cette fois, elle restait ancrée dans l’instant, laissant la chaleur de ce geste maternel apaiser ses pensées tourmentées.

Cependant, son attention se redoubla d’intensité lorsque sa mère mentionna le frère de Kenia. Quand avait-il eu l'occasion de lui dire d'embrasser Kenia ? Étaient-ils en contact régulier, au point de s'écrire ? Était-il venu pendant leur sommeil ? Une myriade de questions se bousculaient dans son esprit, tournant autour de ce mystérieux Noah dont elle n'avait jamais entendu parler auparavant. Elle savait qu’elle n’obtiendrait aucune réponse en ce moment, pas devant la blairelle, mais elle se promit de découvrir la vérité plus tard, d'une manière ou d'une autre.

Perdue dans ses pensées, Sixtine fut tirée de sa réflexion par la voix soudainement enjouée de Kenia. Le contraste frappant entre cette gaieté soudaine et les pleurs de son amie, encore récents, la surprit. Elle sursauta légèrement, troublée par ce revirement inattendu. Avec un léger hochement de tête, elle répondit, évitant soigneusement le regard de sa mère de peur qu'Hellia ne lise l'agitation qui se reflétait dans ses yeux.
Oui, de vraies guerrières, murmura-t-elle, tentant de paraître convaincante, bien que son esprit soit en proie au doute. Le trouble s’immisçait en elle, la déstabilisant. Kenia feignait-elle de se souvenir devant sa mère pour éviter les questions, ou bien ses souvenirs étaient-ils réellement revenus ? Le doute la rongeait, ajoutant une couche supplémentaire à l’incertitude qui flottait déjà en elle, alors que les pièces du puzzle se refusaient à s’assembler dans son esprit.

Perplexe devant le comportement de plus en plus énigmatique de son amie, Sixtine en oublia de remercier sa mère avant que celle-ci ne quitte la nurserie. Alors qu’elle recommençait à tamponner délicatement les yeux de la Poufsouffle, elle chuchota, presque craintive.
Tu te souviens de la grotte maintenant ou pas ?

Un besoin pressant de savoir, de comprendre, la poussait à poser cette question. Elle scrutait le visage de Kenia, cherchant un indice, une vérité cachée derrière son expression calme. Jouait-elle la comédie en feignant d’aller bien pour éviter les questions d’Hellia, ou bien y avait-il autre chose, quelque chose qui échappait à Sixtine mais qui attisait de plus en plus son inquiétude ? Est-ce que tu te sens mieux maintenant ? ajouta-t-elle, veillant à ne pas paraître trop insistante. Elle ne voulait pas envahir l’intimité de Kenia, mais le comportement de son amie était bien trop déroutant pour qu’elle puisse rester silencieuse. Après tout, elle avait promis de l’aider, et cette promesse, elle comptait bien la tenir, coûte que coûte.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 15/08/2024 à 22:15:36



Les cartes étaient désormais face cachée, brouillant les repères habituels. Avant, les choses lui étaient présentées avec une insistance presque moqueuse : "Tu ne te souviens pas de ça ?" Mais aujourd'hui, le scénario avait changé. On lui affirmait qu'elle avait, à un moment donné, oublié quelque chose dont elle se souvenait maintenant avec une clarté déconcertante. Elle n'avait aucun souvenir de cet instant où la grotte lui échappait, mais ce qui était certain, c'est que cette image lui était désormais bien ancrée. Peut-être était-ce simplement le choc qui lui avait temporairement rendu les pensées confuses, créant un instant d'amnésie.

Attends, je ne m'en souvenais plus ? Mais c'est trop stylé ! Dis, j'étais comment ? Genre... gneuh gnah geu ! Elle imita grossièrement quelqu'un d'une intelligence limitée, exagérant volontairement l'effet pour souligner l'absurdité de la situation. Ses grimaces auraient pu faire rire l'assemblée dans un autre contexte, mais là, le décalage entre l'humour et la réalité laissait un goût étrange, comme si le rire ne parvenait pas à percer le voile d'une inquiétude latente.

Il semblait que tout ce qu'elle avait pressenti se confirmait : Sixtine venait de lui demander si elle allait bien. Cependant, de manière étrange, elle ne se souvenait pas d'avoir déjà été mal en point.

Euh, oui, en pleine forme ! répondit-elle, un peu déconcertée. C'est vrai que sous la grotte, elle n'était peut-être pas au sommet de sa forme, mais après cela… Après cela, ses souvenirs étaient flous, voire inexistants. Quelque chose clochait.

Attends, Sixtine, qu'est-ce qui s'est passé après la grotte ? Comment est-ce qu'on en est sorties ? demanda-t-elle, un brin d'anxiété perçant dans sa voix.

La situation devenait de plus en plus mystérieuse. Pourquoi ne parvenait-elle pas à se rappeler ces événements ? Un sentiment d'inquiétude commençait à s'installer en elle, tandis qu'elle attendait la réponse de Sixtine, espérant y trouver des explications.

Il est vrai que l'anxiété de Joyce pouvait sembler étrange, surtout compte tenu de ce qu'elle vivait au quotidien, entre ses pertes de mémoire habituelles et les fragments de souvenirs qui s’effaçaient parfois sans prévenir. Mais cette fois-ci, c'était différent. Il ne s'agissait plus simplement d'oublier des détails épars ; c'était comme si une autre partie d'elle-même, plus profonde, perdait également des éléments qu'elle aurait dû connaître.

Cette idée tourbillonnait dans son esprit, troublante et persistante. Dès qu'elle se la formula clairement, ses lèvres s'entrouvrirent, formant un léger "o" de perplexité. Attends, Sixtine… tu penses que c’est normal que parfois j’oublie des choses, mais que, en plus, j’ai l’impression qu’une autre partie de moi oublie aussi des choses que pourtant je sais ?

Prononcée à haute voix, cette pensée qui lui semblait révolutionnaire dans sa tête perdit instantanément de son éclat. Joyce se sentit soudain ridicule. L'inquiétude d'être incomprise, voire jugée, la submergea.

Non, oublie ça en fait... dit-elle précipitamment, secouant la tête comme pour chasser cette idée saugrenue. Je me souviens de tout, c’est bon, t’inquiète pas.

Mais même en prononçant ces mots, une sourde inquiétude restait tapie au fond de son esprit. Quelque chose clochait, elle le sentait, mais l'admettre revenait à accepter qu'une partie d'elle-même était en train de s'effriter, une pensée qu'elle n'était pas encore prête à affronter.


Willy Hopkins ~ Golden Hour
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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 16/08/2024 à 01:04:12

Malgré l'inquiétude qui continuait à peser sur son esprit, Sixtine ne put retenir un éclat de rire lorsque Kenia se mit à imiter un troll. La scène était d'autant plus drôle que son amie, avec sa grâce naturelle, avait tout sauf l'allure d'une créature aussi brute. Je dirais plutôt que tu ressemblais à une sorcière qui venait de voir un rat dans sa potion, répondit-elle avec un sourire espiègle, essayant de masquer ses véritables préoccupations derrière cette plaisanterie. Si l'épisode de la grotte avait laissé un goût amer, elle préférait, pour l'instant, en rire plutôt que de se laisser envahir par la gravité de la situation.

Peinant à retrouver son sérieux, elle laissa échapper un dernier rire avant de reprendre son rôle de soigneuse improvisée. Elle cessa de tamponner les yeux de Kenia et se redressa lentement, son bras toujours en écharpe. À sa grande surprise, elle réalisa que la douleur avait disparu, comme si son esprit, accaparé par l’étrangeté du comportement de son amie, avait fait taire les maux physiques. Pourtant, son esprit restait en alerte, cherchant désespérément une explication logique à cette amnésie qui défiait toute raison.


Je ne sais pas vraiment comment on est sorties de la grotte, en fait. Il faudra qu’on demande à ma mère, je n’ai aucun souvenir de ce moment-là. Sa voix trahissait une légère inquiétude, comme si le fait de ne pas se souvenir l’effrayait plus qu’elle ne voulait l’admettre. L’idée que sa propre mémoire lui fasse défaut, comme si un voile épais avait recouvert une partie de ses souvenirs, la perturbait. Et maintenant, voilà qu’elle aussi perdait des fragments de mémoire. Heureusement, Hellia n’avait pas encore l’âge où l’on s’inquiétait de la sénilité, songeait-elle avec un brin d’humour noir. Elle pourrait sans doute combler les pièces manquantes de ce puzzle incomplet.

Alors qu’elle tentait de démêler les fils de ses souvenirs, la question soudaine de son amie la déstabilisa.
Comment ça, une autre partie de toi ? Elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Avait-elle déjà ressenti quelque chose de semblable en elle-même ? Non, cela ne lui semblait pas familier. Attends, tu veux dire que tu as parfois l’impression d’être plusieurs ? La question, bien que brusque et un peu déconcertante, n’était empreinte d’aucune moquerie. Au contraire, sa voix était grave, attentive, empreinte d’une sincère inquiétude.

Lorsqu’elle entendit Kenia lui demander d’oublier cette interrogation, prétendant soudainement se souvenir de tout, Sixtine n’y crut pas une seconde. Le trouble dans la voix de son amie, l’ombre de nervosité dans son regard, tout trahissait une inquiétude bien plus profonde. La Serpentard perçut ce malaise avec acuité, son instinct lui soufflant que cette conversation touchait à quelque chose de bien plus complexe et troublant que de simples souvenirs oubliés.

Je sais que tu mens, Kenia, murmura-t-elle avec douceur. Tu mens parce que tu as peur que je te trouve étrange, n’est-ce pas ? Ses mots, portés par un souffle bienveillant, cherchaient à percer l’armure de silence que son amie avait érigée. Elle s’approcha lentement, ses gestes mesurés, comme pour ne pas l’effrayer. Écoute-moi bien, reprit-elle, son ton se faisant rassurant Je ne te trouve pas étrange, pas du tout. Et j’ai peut-être même une idée pour qu’on puisse comprendre ce qu’il se passe réellement.

Ses paroles, empreintes de chaleur et de sincérité, avaient pour but de tendre une main vers Kenia, de lui montrer qu’elle n’était pas seule, qu’elle n’avait pas à porter ce poids toute seule. Sixtine voulait lui faire comprendre que, quoi qu’il arrive, elle serait là pour elle, prête à affronter avec elle ces ombres mystérieuses qui semblaient envelopper son esprit.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 16/08/2024 à 09:40:06



Joyce essaya de s'imaginer un instant la tête qu'elle ferait si un rat apparaissait dans sa potion, une expression de dégoût immaculant son visage. Sixtine avait probablement raison : elle aurait bégayé sévèrement et ne serait plus revenue vers sa potion, autant qu'elle explose, bruyamment, explosivement, peu importe, tant que le rat disparaisse. Elle ne comprenait pas comment des gens pouvaient choisir cette créature comme animal de compagnie. Un animal de compagnie, c'est quelque chose qu’on trouve mignon, non ?

Pour être franche, Joyce ne prit pas vraiment la peine de relier cette expression à ce qu'elle aurait pu esquisser auparavant, en pleine amnésie. Le ton ironique de Sixtine lui suggérait que ce n'était peut-être qu'une plaisanterie, qui avait eu le don de la faire rire. Au moins, elle était contente que Sixtine ne prenne pas les choses trop sérieusement, ce n'était vraiment pas ce dont elle avait besoin à cet instant.

Imagine avoir un rat pour animal de compagnie… bruh, tu as raté ta vie, je crois. Oups, et si Sixtine avait elle-même un rat ? Elle ne l'aurait probablement pas mis dans la potion dans son histoire, mais qui sait ? À part si tu en as un, et alors c'est vraiment le truc le plus stylé. À quel point c'était honnête ? 0 %, mais son ton sarcastique le faisait comprendre à Sixtine.

Ah bah voilà, je ne suis pas la seule amnésique ici, dit-elle en riant, comme si elle ne comprenait pas vraiment la gravité de la situation. Joyce n'était pas vraiment la plus soucieuse du système, bien au contraire. Elle avait une âme d'enfant qui ne demandait qu'à s'exprimer à longueur de journée. Elle voulait s'amuser et rire, c'étaient ses maîtres mots, elle ne voulait surtout pas se prendre la tête.

Son amie soulevait une question importante, mettant des mots sur ce qu'elle pouvait ressentir. Avait-elle parfois l'impression de ne pas être seule dans sa tête ? En y réfléchissant… Pas vraiment, mais en même temps, c'était une piste de réflexion. Le bémol, (pas celui de musique) c'était que Joyce n'était pas du genre à se prendre la tête. Elle aimait comprendre, était curieuse, mais d'une curiosité enfantine qui ne demandait pas trop d'effort. Non, non, t'inquiète, je suis seule, me, myself and I. Qui essayait-elle de rassurer ? Sixtine ou elle-même ?

Elle ouvrit grand la bouche quand St. James l'accusa de mentir. Oui, elle mentait, mais c'était incriminant. Comment osait-elle la traiter de menteuse ? Oui, une gamine, je vous l'avais dit. Comment tu fais ? Sixtine semblait savoir exactement pourquoi elle disait ce qu'elle disait, elle semblait la comprendre mieux qu'elle-même. Joyce n'arrivait pas à décider si c'était rassurant ou frustrant. Pour autant, elle ne lui avoua pas clairement qu'elle venait de mentir ; il était plus facile de le laisser sous-entendre : la fierté personnelle.

Elle regretta un instant ses paroles, le fait d'avoir menti. Le regret, ce n'était pas trop le délire de Joyce, mais de temps en temps, ça lui arrivait. Si Sixtine avait vraiment un moyen de l'aider à découvrir ce qui se tramait dans sa tête, il vaudrait peut-être mieux être honnête. Oh euh… maintenant que tu le dis, c'est vrai que parfois j'ai l'impression que ce n'est pas moi qui agis. Elle hésita un instant à poursuivre : Tu te souviens de l'épisode de la musique dans ta chambre ? Comment dire… Je n'avais pas l'impression de contrôler ce que je disais. Genre quand je t'ai dit que je ne savais pas jouer, baahh tu as bien vu que c'était faux. Se rendant compte que ses paroles pouvaient faire peur, qu'elle lui faisait peur, elle ajouta, pour elle-même, pour se convaincre : Mais c'était toujours moi, hein.

Elle prit le temps de réfléchir un instant à ce que Sixtine venait de lui dire avant d'enchaîner : Si tu as une solution pour m'aider à percer le mystère, on peut repartir à l'aventure. La première ne nous a pas tuées, je ne vois pas pourquoi la deuxième fois le ferait.



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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 17/08/2024 à 14:16:49

Une solution, elle n’en était pas certaine. Mais une idée, ça oui, elle en avait une. Cette idée, toutefois, portait en elle une dualité troublante. D'un côté, l'excitation de découvrir enfin ce qui se tramait dans l’esprit de Kenia, une opportunité de lever le voile sur ce mystère qui la tourmentait. Mais de l’autre, le danger qui l'accompagnait était bien réel. La Legilimancie, cet art subtil et complexe, lui avait été enseigné par sa mère. Elle s’était montrée une élève attentive et talentueuse, mais malgré ses progrès, elle n’en restait pas moins à un niveau intermédiaire, loin de maîtriser totalement cette pratique délicate.

Jusqu’à présent, Hellia avait été la seule personne dont elle avait sondé l’esprit. Leur relation, empreinte de confiance et de complicité, lui avait permis d’apprendre à pénétrer les pensées sans causer de dommages. Seulement, sa mère était une adulte consciente, qui savait exactement quand il était temps de cesser, avant que les frontières ne deviennent floues et dangereuses. Mais Kenia… Kenia était différente. Plus jeune, plus fragile. Si elle décidait de plonger dans les profondeurs de l’esprit de son amie, elle devait être prête à affronter les conséquences, à prendre le risque que quelque chose tourne mal. Ce danger, palpable, pesait sur ses épaules, mais la détermination de comprendre, d’aider la blairelle, était plus forte encore.

Pour Sixtine, ce n’était pas seulement une question de curiosité ou d’entraînement. C’était une question de loyauté, de promesse. Elle avait juré de protéger Kenia, de la soutenir, et si cela signifiait prendre des risques, elle était prête à le faire. Mais elle savait qu’elle devait être prudente, plus que jamais. Une erreur, même minime, pouvait causer des dommages irréparables. Et pourtant, alors qu’elle réfléchissait à cette possibilité, l’idée d’utiliser la Legilimancie lui semblait de plus en plus inévitable. C’était peut-être leur seule chance de comprendre ce qui se passait réellement, de démêler les fils emmêlés de la mémoire et de la conscience de Kenia. Mais pour cela, il fallait d’abord gagner sa confiance, lui faire accepter cette intrusion, aussi douce et bienveillante soit-elle.


Oui, j’ai une idée mais je ne suis pas certaine qu’elle soit bonne. Et en même temps, elle n’en voyait pas d’autre pour découvrir la raison du comportement parfois étrange de son amie. Tu as déjà entendu parler de la Légilimancie ? Dans son esprit, les leçons de sa mère défilaient comme une litanie. Ne pas forcer les barrières mentales. Savoir où s’arrêter. Ne jamais plonger trop profondément, au risque de provoquer une douleur psychique, voire des séquelles irréparables. Sixtine savait que la Legilimancie était un art aussi délicat que dangereux, et chaque incursion dans l’esprit d’autrui devait être menée avec une précision chirurgicale. C’était un outil puissant, capable de révéler les pensées les plus enfouies, mais entre de mauvaises mains, ou mal utilisé, il pouvait aussi briser des esprits. Est-ce que tu as l’impression que cela a toujours été comme ça ? poursuivit-elle, cherchant à comprendre l’origine de ce trouble qui semblait hanter son amie. Ou bien est-ce que cela a commencé à une période précise ?

Se pouvait-il que la jeune Katteridge ait été victime d’une malédiction ? L’idée s’insinuait dans l’esprit de Sixtine, tissant un voile d’inquiétude qui refusait de se dissiper. Pourquoi quelqu’un voudrait-il s’en prendre à une fille de treize ans, aussi innocente que Kenia ? Et surtout, qui serait capable d’une telle cruauté ? Tant de questions se bousculaient, chaque pensée déclenchant une vague d’incertitude plus forte que la précédente. Mais une chose demeurait certaine : quoi qu’il se passe, la Serpentard était résolue à comprendre. À percer le mystère qui entourait son amie. Si une malédiction avait été lancée, si un sort sombre pesait sur la Poufsouffle, elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour la libérer de cette emprise néfaste. Les pensées tourbillonnaient en elle, formant un nœud de détermination. Rien, ni personne, ne pourrait l’empêcher de venir en aide à son amie, même s’il fallait pour cela requérir l'aide d'un adulte.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 17/08/2024 à 22:45:39



La légilimencie, elle en avait une vague notion. Elle savait, dans les grandes lignes, que cela consistait à s'immiscer dans l'esprit de l'autre pour en découvrir les secrets cachés. Elle aurait pu tenter d'expliquer ce qu'elle croyait savoir avec de jolis mots, mais finalement, elle préféra une expression plus simple et directe C'est une sorte de télépathie, non ?

En réalité, une telle pratique fascinait Joyce, même si elle n’avait jamais réellement cherché à en apprendre davantage. De toute façon, cela lui aurait probablement été très difficile vu son profil particulier. Ainsi, elle ignorait tous les risques que cela impliquait, et à moins que Sixtine ne les lui explique en détail, elle ne les connaîtrait jamais. Au fond, c’était peut-être mieux ainsi. Sans en savoir plus, elle n’aurait aucune raison de redouter quoi que ce soit.

Si Sixtine pouvait s’introduire dans son esprit, elle pourrait voir ce qui s’y passait réellement et lui en faire un compte-rendu. Dit de cette manière, cela semblait presque trop simple pour être vrai. Dis, Sixtine, ça te dirait de venir à la maison pour tester ta magie sur moi ? En prononçant le mot magie, Joyce avait agité ses mains en faisant des cercles devant le visage de son amie, comme si elle lançait de mystérieuses incantations.

Elle espérait vraiment que Sixtine accepterait de lui rendre visite au manoir Katteridge. Joyce appréciait énormément sa compagnie, et si, en plus, elle pouvait l’aider d’une manière ou d’une autre, ce serait parfait, comme atteindre deux objectifs d’un seul coup.

Il semblait que Sixtine prenait son rôle de médecin très à cœur, car elle commença à lui poser des questions très spécifiques, qu’on aurait pu imaginer venant d’un médicomage expérimenté. Des questions auxquelles Joyce n’avait pas toujours la réponse. Cela se solda par un long euhhhhhh qu’elle étira autant qu’elle le put.

Il était clair que sa réponse nécessitait plus d’informations, sinon elles ne parviendraient pas à avancer. Le problème, c’était que dans son système, différentes alters étaient apparues à divers moments. Du point de vue de Joyce, qui était apparue presque dès le début de la schizophrénie de Kenia, il était compliqué de dater précisément ces phénomènes. Ses premiers souvenirs remontaient à ses 7 ans, mais elle n’avait pas eu l’impression d’oublier grand-chose avant son entrée à Poudlard. Quoique… elle se souvenait que, dans sa famille d’accueil, on la traitait de bizarre, qu’elle s’endormait à un endroit et se réveillait à un autre. Mais en réalité, elle n’avait jamais eu l’impression que quelqu’un d’autre agissait à sa place. Promis, tu ne juges pas ?

Elle attendit la confirmation de son amie avant de poursuivre. Alors, depuis mes 7 ou 8 ans, je ne sais plus trop, j’ai des souvenirs étranges et incomplets. Comme tout le monde, je n’ai pas de souvenirs d’avant, mais... En réalité, elle ignorait que l’âge normal pour les premiers souvenirs était plutôt 3 ans. Toutefois, à cette époque, elle n'existait pas encore, du moins pas en tant que telle. Mais cette impression de ne pas me contrôler, c'était vraiment la première fois hier. Pendant qu’elle parlait, elle baissait légèrement les yeux ; elle n’avait vraiment pas l’habitude de se confier, il fallait l’admettre. Lentement, elle releva les yeux vers Sixtine et, avant que cette dernière ne puisse dire un mot, Joyce lui rappela doucement Tu as promis de ne pas juger, alors pas un mot.


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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 18/08/2024 à 23:08:04

Aerin entra dans la pièce avec la discrétion propre aux elfes de maison, suivi de près par Greyne qui trottinait avec une expression de concentration, les bras tendus pour stabiliser un objet précieux. Derrière eux, flottait élégamment le gramophone, soutenu par la magie d’Aerin. L'elfe le guida jusqu'à la commode, où il le fit délicatement léviter pour l'y poser en douceur. Avec une révérence profonde et respectueuse, il s'inclina devant les deux adolescentes présentes dans la pièce. Greyne, désireuse de bien faire, s'empressa de l’imiter. Mais dans sa précipitation, ses pieds s’emmêlèrent dans le tapis, et elle faillit trébucher, retrouvant de justesse son équilibre avant de rougir jusqu'aux oreilles. Aerin, d'un geste rapide mais doux, la rattrapa par le bras et l'entraîna hors de la pièce, refermant discrètement la porte derrière eux.

Le comportement maladroit de l’elfe amusait toujours Sixtine, et un petit gloussement s’échappa de ses lèvres avant qu’elle ne retrouve son sérieux. Elle hocha la tête à la réponse de son amie.
Oui, c’est un peu ça. En gros, ça permet de pénétrer l’esprit d’une personne et d’y découvrir ses souvenirs ou ses pensées, expliqua-t-elle en termes simples. Se levant, elle fit fonctionner le gramophone, et une douce mélodie commença à se répandre dans la nurserie, enveloppant la pièce d’une atmosphère apaisante. Elle retourna s’installer près de Kenia, un sourire amusé aux lèvres alors qu’elle observait la façon dont son amie agitait ses mains en parlant de sa magie, comme si elle essayait de mimer l'énergie invisible qui coulait en elle.

Est-ce que c’est une invitation ? demanda-t-elle, amusée. J’accepte, évidemment, mais tu dois comprendre que ce n’est pas un jeu. C’est même super risqué. Son ton, bien que léger, laissait entrevoir la gravité de la situation. Elle savait parfaitement à quoi elle s'engageait, et tenait à ce que son amie en prenne pleinement conscience. Il faudra qu’on fasse attention, ajouta-t-elle, son regard se faisant plus sérieux. Pourtant, malgré les risques, une part d’elle ne pouvait s’empêcher de se réjouir. L’idée de découvrir l’univers de Kenia l’égayait, comme une nouvelle aventure qui les attendait toutes les deux et une preuve de plus que leur amitié se renforçait.

Alors que la Poufsouffle semblait hésiter à se confier, la sixième année remarqua la nervosité de son amie. Kenia lui demandait une promesse, celle de ne pas la juger, ce qui fit froncer légèrement les sourcils de la Serpentard.
Kenia, fais-moi confiance. Je ne compte ni te juger, ni te trahir, répondit-elle doucement, ses mots porteurs d’une sincérité inébranlable. Elle écouta attentivement les confidences de son amie, inclinant légèrement la tête, ses yeux fixés sur le visage de son amie. L’étrangeté du fait que les souvenirs de cette dernière ne remontaient pas au-delà de ses sept ou huit ans la frappa, car elle-même se souvenait de bribes de sa petite enfance. Pourtant, elle préféra ne rien dire, respectant le désir de Kenia de ne pas en parler davantage.

Un silence s’installa, mais Sixtine n’avait pas l’intention de laisser l’atmosphère s’alourdir.
Tu sais ce qu’on va faire ? demanda-t-elle soudain, un sourire malicieux éclairant son visage. Sans attendre de réponse, elle se releva d’un bond, attrapant la main de Kenia avec sa main valide et l’entraînant à se lever du lit à son tour. On va danser ! ajouta-t-elle en riant, avant de faire pirouetter son amie avec légèreté. La musique douce qui se répandait dans la pièce semblait prendre une nouvelle vie alors que les deux jeunes filles tournaient et riaient, laissant leurs soucis s’éloigner pour un moment. Sixtine savait que ce qui les attendait chez les Katteridge était sérieux, mais en cet instant précis, elles avaient besoin de cette légèreté, de ce souffle de vie pour chasser les ombres qui planaient autour d’elles.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 19/08/2024 à 08:51:20



Les deux elfes des St. James, avec leur allure espiègle, vinrent égayer l’instant en offrant un spectacle aussi divertissant qu’imprévu. La maladresse de l'un fut si évidente que Joyce ne put s’empêcher de rire, un rire qu’elle réprima avec difficulté jusqu'à ce qu’elle entende Sixtine glousser à son tour. Le pauvre elfe, pensait-elle, sans cesser de sourire intérieurement.

Quand Sixtine approuva ses propos, un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de Joyce, un sourire qui aurait pu être celui d’une élève modèle, sûre d’avoir donné la bonne réponse. Mais ce n’était pas son sourire habituel. Joyce aimait se donner des airs, frimer un peu, mais uniquement quand le moment s’y prêtait.

Bah bien sûr que c’est une invitation ! s’exclama-t-elle avec une énergie qui trahissait son enthousiasme. Elle brûlait de montrer son chez-elle à Sixtine, bien que son intérieur fût beaucoup plus sobre. Il semblait que Sixtine était la première à accepter son amitié, malgré le fait qu’elle avait sûrement perçu, comme tout le monde, que quelque chose ne tournait pas rond chez Joyce. Cette acceptation avait une valeur inestimable à ses yeux, et elle ne voulait absolument pas risquer de perdre cette précieuse relation. Faudra juste que je demande à Noah, mais je ne vois pas pourquoi il dirait non.

Cependant, une pointe d’inquiétude vint troubler son élan. Les risques... Ils étaient bien réels et potentiellement désastreux. Mais Joyce refusait de se laisser dominer par la peur. Elle avait besoin de vivre, de s’amuser. Puis au pire, si ça tourne mal… Elle s’arrêta un instant pour réfléchir, consciente que les choses pouvaient effectivement très mal tourner. Ma situation ne pourra pas être pire. J’ai besoin d’évoluer, je n’ai aucune vie sociale pour l’instant, ajouta-t-elle avant de se rendre compte de ce qu’elle venait de dire, face à la seule personne qui lui avait tendu la main. Enfin, à part toi, évidemment, précisa-t-elle rapidement, pour ne pas blesser Sixtine.

L’idée de danser la séduisait. Sixtine pourrait lui montrer quelques mouvements, lui apprendre à se laisser aller sur le rythme. Oh oui, apprends-moi, dit-elle avec une lueur d’excitation dans les yeux. Puis, une pensée soudaine la ramena à la réalité : Euh, par contre, ton bras… tu fais attention, hein ?

Kenia se leva de son lit pour se placer à un endroit où il y aurait assez d’espace pour danser et commença à gesticuler ses bras comme des vers de terre, avec un mouvement de bassin qui semblait vouloir y être coordonné. À voir si elle le faisait vraiment exprès ou si ses capacités de danse étaient vraiment limitées à cette démonstration.


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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 19/08/2024 à 23:23:49

La mélodie enveloppait la pièce, légère et envoûtante, comme un souffle de vent printanier qui fait danser les feuilles. Kenia, dans sa spontanéité habituelle, s'était lancée dans une démonstration de danse improvisée. Ses mouvements, bien que maladroits, étaient pleins de bonne volonté, mais ils ne suivaient pas vraiment le rythme de la musique. Son enthousiasme compensait cependant largement ses maladresses, et Sixtine ne put s'empêcher de sourire. Elle ne voulait pas lui dire qu’elle se trompait, qu’en réalité, les conséquences d’une legilimancie mal exécutée pouvaient être bien plus graves que ce que Kenia imaginait. Elle ne voulait pas briser ce moment de légèreté par des mots trop lourds, ni lui faire peur inutilement.

La danse, c’était une échappatoire, une manière de s’oublier, de repousser pour un instant les inquiétudes qui pesaient sur leurs jeunes épaules.
Regarde, Kenia, essaye de faire comme ça, dit-elle doucement, en prenant la main de son amie. Se plaçant sur la pointe des pieds avec une grâce naturelle, elle exécuta quelques pas de danse. Elle tournoyait légèrement, son visage illuminé par un sourire complice. Ne t’inquiète pas pour mon bras, je n’ai presque plus mal, ajouta-t-elle avec un clin d’œil rassurant. C’était attendrissant de voir à quel point la jeune fille s’inquiétait pour elle.

De toute manière, Sixtine comptait bien replonger dans ses notes, celles qu’elle avait prises avec tant de soin après chaque séance avec Hellia. Elle s’entraînerait. Peut-être même sur Greyne. L’idée la fit sourire, un mélange d’amusement et de curiosité. Est-ce que la legilimancie fonctionnerait sur un elfe de maison ? C'était une question qui méritait d’être explorée, et l’occasion semblait trop tentante pour ne pas s’y essayer.

Le reste de la journée s’écoula dans une ambiance de légèreté et de complicité. Les deux amies dansèrent au rythme de la musique douce, leurs rires résonnant dans la pièce comme des échos d'une amitié sincère. Elles échangèrent des secrets, des souvenirs, tissant encore plus solidement les liens qui les unissaient. L’ombre de la legilimancie planait toujours au-dessus d’elles, mais elles la laissèrent de côté, comme un sujet trop grave pour ternir ces moments précieux. Elles avaient décidé, pour un temps, de se concentrer sur le présent, de profiter de chaque instant, repoussant à demain les questions et les inquiétudes.

Le lendemain matin, alors que les premières lueurs du jour filtraient à travers les rideaux, le frère de Kenia arriva au manoir St. James. Les au revoir entre sa mère et ce sorcier avaient quelque chose de particulier, une forme de réserve inhabituelle, presque comme s'ils partageaient un secret que ni l’un ni l’autre ne voulait révéler. Les regards échangés, les sourires un peu forcés, tout cela intriguait la Serpentard plus qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Sa mère, habituellement si maîtresse d’elle-même, semblait presque mal à l’aise, un fait qui ne passa pas inaperçu aux yeux de la jeune fille. Elle se tenait là, immobile, analysant chaque détail, essayant de comprendre ce qui se cachait derrière cela.




✻ Une semaine plus tard ✻


L’arrivée au manoir Katteridge se fit sans encombre. Hellia et Sixtine avaient transplané ensemble, conformément aux souhaits de sa mère, qui avait insisté pour qu’elle ne voyage pas seule malgré son tout nouveau permis de transplanage. Elles se retrouvèrent devant une imposante grille en fer forgé, solidement fermée, qui laissait entrevoir le manoir au-delà. Bien que légèrement plus modeste que le domaine des St. James, il n’en était pas moins impressionnant, avec son architecture élégante et ses jardins bien entretenus. Sur la pelouse verte, quelques moutons paissaient paisiblement, ajoutant une touche pittoresque au paysage.

Hellia, avec l’assurance de quelqu’un qui connaissait les lieux, sonna à une cloche discrètement dissimulée parmi les ornements de la grille. Sixtine, curieuse comme toujours, l’observait avec une attention soutenue.
Comment as-tu as su où se trouvait la cloche ? demanda-t-elle, son ton teinté d’une légère accusation, comme si elle soupçonnait sa mère d’avoir gardé un secret. Je ne l’avais même pas vue, moi. Tu es déjà venue chez le frère de Kenia ? Ses questions fusaient, son esprit cherchant à assembler les pièces d’un puzzle dont elle ignorait l’image complète.

Hellia esquissa un léger sourire en entendant la question de sa fille.
Oui, je suis déjà venue ici, répondit-elle, sa voix calme, presque énigmatique. Le manoir des Katteridge est un lieu que j’ai visité à quelques reprises. Elle laissait planer un mystère dans ses paroles, comme si certaines choses étaient mieux gardées sous silence.

Le temps semblait suspendu, l’air frais du matin portait avec lui une tension silencieuse. Le tintement de la cloche s’estompa, résonnant encore dans l’air, tandis qu’elles attendaient qu’on vienne leur ouvrir. La sixième sentait monter en elle un mélange de frustration et d’excitation. Cette visite, si importante pour son amie, s’enveloppait maintenant d’une aura d’inconnu et de secrets, faisant naître en elle des questions qu’elle n’osait pas encore poser.


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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 20/08/2024 à 11:39:28



Le jour tant attendu était enfin arrivé. Noah, debout devant son miroir, sentait le poids des révélations à venir peser sur ses épaules. Était-il vraiment prêt ? Les souvenirs de sa propre réaction lorsqu'il avait appris la vérité étaient encore vifs. Comment réagiraient les filles cette fois-ci ? Aujourd’hui, plus que jamais, il devait se montrer impartial et solide, malgré le tumulte intérieur qui menaçait de l’envahir.

Avec une précision presque mécanique, il tentait de discipliner une dernière mèche rebelle, appliquant un peu de gel, quand la sonnerie de l’entrée retentit. Le moment était arrivé : sa future femme, Hellia, et Sixtine, sa fille, étaient là. Noah jeta un dernier regard à son reflet, abandonnant finalement l’idée de dompter cette mèche. Ce n’était qu’un détail insignifiant face à ce qui allait se jouer. Il appela Kenia pour qu'elle se joigne à lui, mais les bruits de pas précipités dans le couloir lui confirmèrent qu'elle était déjà en route.

En ouvrant la lourde porte d’entrée, Noah fut immédiatement submergé par une vague d’émotion. Un sourire éclatant se dessina sur son visage à la vue des deux jeunes femmes. Dès à présent, il savait que chaque fois qu’il poserait les yeux sur Sixtine, il peinerait à croire qu’elle était réellement sa fille. Je vous en prie, entrez, dit-il en s'écartant, les laissant pénétrer dans la maison. À peine avaient-elles franchi le seuil que Kenia, avec son enthousiasme débordant, jaillit de derrière lui pour accueillir Sixtine dans une étreinte chaleureuse. Noah ne fit aucun commentaire, préférant laisser ce moment de spontanéité se dérouler sans intervention. Les convenances pouvaient attendre. Après tout, les circonstances rendaient tout cela secondaire.

Il était encore plus étrange de penser que dans quelques instants, elles allaient découvrir qu'elles étaient en réalité nièce et tante, une vérité qui bouleverserait irrémédiablement leur perception de cette nouvelle famille.

Noah les guida lentement vers le salon des invités, passant par le cloître où Tic, l’elfe de maison, était occupé à arracher les mauvaises herbes. Alors qu'ils passaient à proximité, Noah se tourna vers lui : Tic, pourrais-tu demander à Tac de nous apporter des boissons dans le salon des invités ? L’elfe acquiesça rapidement avec une phrase d’elfe alambiquée, et Noah continua à avancer, Hellia, Sixtine et Kenia sur ses talons.

Le salon, bien que rarement utilisé, avait été méticuleusement préparé pour cette rencontre. La poussière, accumulée au fil des ans, avait été chassée avec soin. Il y avait quelque chose de presque solennel dans cette pièce, comme si elle aussi se préparait à accueillir une vérité qui allait tout changer. Grâce à l’aide de Kenia, Noah avait redonné vie à cette salle, autrefois délaissée, en y apportant une touche de chaleur et de modernité.

Une fois tout le monde confortablement installé dans les canapés et fauteuils, Noah sentit la tension monter. Il prit une profonde inspiration, sachant que chaque mot comptait. Sixtine, Kenia, commença-t-il en plongeant son regard dans celui de chacune, si nous vous avons réunies ici, c’est parce que Hellia et moi avons quelque chose d’important à vous dire avant que vous puissiez vaquer à vos occupations.

Il se tourna alors vers Hellia, cherchant son appui. Il avait passé des nuits entières à imaginer comment annoncer la vérité, mais maintenant que le moment était là, il réalisait à quel point c’était difficile. Dans le silence qui s'installa, lourd de tout ce qui n'avait pas encore été dit, Noah comprit enfin l'angoisse qu'Hellia avait dû ressentir en gardant ce secret si longtemps. Leurs vies allaient changer à jamais, et il n’y avait plus de retour en arrière.



Les spectres du passé - Natacha Tchaïviev
Je t'avais manqué ? - Deliah Thompson
Magic comes with a price - Camille Dubois
L'école de la vie en noire - Amaryllis Clyfford
La caverne aux Mille Visages - Six/Hellia St.James
Un bien étrange jardin - Otto Crowford
Nos Ombres Dévoilées - Hellia St.James
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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 20/08/2024 à 18:10:26

La porte du manoir s’ouvrit en grand, révélant Noah qui les accueillit avec un sourire chaleureux, sa présence apaisante dégageant une sorte de bienveillance naturelle. Sixtine remarqua immédiatement les regards échangés entre sa mère et le frère de Kenia, une tension subtile mais indéniable flottant entre eux. Elle ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel, soupirant intérieurement. Pourtant, elle n’oublia pas les bonnes manières et adressa à Noah un sourire poli, accompagné d'un léger hochement de tête en guise de remerciement alors qu'elle entendait sa mère saluer l'ainé des Katteridge. Bonjour Noah, merci de nous accueillir.

Avant qu’elle n’ait le temps de s’attarder sur l’intérieur du manoir, ses pensées furent interrompues par une tornade de joie pure. Kenia, débordante d’enthousiasme, se précipita vers elle et l’étreignit avec une telle ferveur que Sixtine faillit en perdre l’équilibre. Surprise par cette explosion d’affection, elle sentit néanmoins une vague de chaleur l’envahir. Malgré ses seize ans, âge où la retenue et la réserve sont souvent de mise, l’enthousiasme contagieux de son amie l’emporta. Elle se laissa aller, ses bras enserrant la blairelle avec la même vigueur. Un rire cristallin échappa à Sixtine alors qu’elle se retrouvait à sautiller sur place, emportée par l’allégresse de leur retrouvaille.
Kenia ! s’exclama-t-elle, sa voix vibrant d'une joie sincère et non feinte. Pour un instant, toutes les préoccupations, toutes les inquiétudes disparurent, laissant place à la simple joie d’être ensemble, de partager ce moment d’insouciance dans le cloitre du manoir Katteridge.

Le frère de Kenia les guida à travers les couloirs du manoir jusqu'au salon des invités. La Serpentard, toujours curieuse, lança un rapide regard à l'elfe de maison, Tic, qui les observait avec une attention discrète mais précise. Malgré la grandeur du manoir, l’atmosphère chaleureuse et familière la mettait à l’aise. Revoir Kenia ravivait en elle une énergie nouvelle, et elle savait que ce séjour serait riche en souvenirs précieux. Et puis, il y avait ce jeu trouvé dans le grenier du manoir des St.James, un trésor poussiéreux qu’elle avait décidé d’emporter avec elle. Les dessins énigmatiques sur la boîte et les règles mystérieuses avaient immédiatement piqué sa curiosité. Elle était impatiente de le partager avec son amie, certaine qu’il ajouterait une touche de mystère et de divertissement à leurs retrouvailles.

En pénétrant dans le salon, un espace chaleureux les accueillit, les fauteuils moelleux et le feu crépitant dans la cheminée ajoutant une touche de confort. Ce séjour s’annonçait aussi plein de surprises que de moments inoubliables, et elle était prête à en profiter pleinement. Installée confortablement aux côtés de Kenia, Sixtine se laissait absorber par la beauté de la pièce. Ses yeux erraient avec curiosité parmi les détails élégants du salon, des tapisseries délicates aux meubles anciens aux bois polis. La lumière douce du feu dans la cheminée baignait la pièce d’une chaleur dorée, faisant ressortir les reflets chatoyants des tissus et des objets décoratifs.

En revanche, l’expression de sa mère, assise sur un fauteuil, dénotait une légère tension. Son visage habituellement serein trahissait une nervosité qu’elle tentait de camoufler derrière un masque de calme impassible. Son regard scrutait les visages des deux adultes présents, observant attentivement chaque geste, chaque inflexion de leur voix. En entendant les paroles de Noah, elle fronça les sourcils, écoutant avec une concentration soutenue. La conversation semblait contenir des sous-entendus qu’elle cherchait à déchiffrer, cherchant à comprendre les dynamiques en jeu tout en s’imprégnant de l’atmosphère feutrée de la pièce. Les détails du décor, bien que fascinants, se fondaient en arrière-plan face à l'importance des échanges en cours.

En grandissant, elle avait réalisé que le mariage de ses parents était loin des contes de fées qu'elle avait lus enfant. Sa vision idéalisée s'effritait alors qu'elle découvrait l’inexistence de leur relation. Elle pensait alors que tous les mariages étaient ainsi et que les histoires de ses livres étaient simplement irréelles. Un peu plus grande, elle avait découvert une correspondance entre sa mère et le professeur Dresden et son imagination débordante lui avait fait imaginer une romance secrète. Le feu qu’elle avait allumé à la suite de cette découverte dans le bureau du professeur, était plus qu’un acte de rébellion : c’était une tentative maladroite de préserver l’espace qu’elle croyait menacé. Ce geste impulsif représentait un cri silencieux face à la complexité des relations adultes qui échappaient à sa compréhension enfantine.

Mais depuis, elle avait mûri. Elle comprenait désormais ce que signifiait véritablement aimer. Et bien qu'elle persistait à croire que les seules personnes capables de s’aimer réellement étaient Keith et elle, elle ne pouvait ignorer les regards complices échangés entre le frère de Kenia et sa mère. Ces regards, chargés d’une affection subtile mais palpable, laissaient peu de place au doute. En observant les regards échangés entre le frère de Kenia et sa mère, la réalité la frappa soudain. Avec une sincérité désarmante, elle se tourna vers Kenia et murmura,
Ils sont amoureux. Puis, se retournant vers les deux adultes, elle poursuivit avec une curiosité à peine voilée, Vous êtes amoureux, n'est-ce pas ? C'est pour cela que tu savais où se trouvait la cloche... Depuis quand ? Et est-ce que tu vas divorcer avec... Sa phrase se perdit dans l'air, inachevée, car elle hésitait à prononcer le nom de celui qu’elle ne voulait plus appeler père. Avec... tu sais qui. Le ton de sa voix, oscillant entre l’étonnement et la confusion, trahissait un mélange d’émotions complexes face à la révélation inattendue. La pièce semblait retenir son souffle, chaque mot pesant comme un écho dans le silence.

Dans l’esprit de la Serpentard, son père, bien que loin d’être Voldemort, représentait une terreur silencieuse. Sa présence distante et intimidante avait obscurci son enfance, faisant de l’idée du divorce une échappatoire presque salvatrice. Pour elle, cela signifiait se libérer d’un héritage d’angoisse et de froideur, une chance de se distancer d’un père dont elle redoutait les actes dépourvus de compassion. Aujourd’hui, plus mûre, elle était prête à souhaiter le bonheur de sa mère, même si cela signifiait le trouver auprès du frère de Kenia. De ce qu’elle avait compris, cet homme semblait être l’antithèse de son propre père. Bienveillant et ouvert, il offrait une image de paternité empreinte de chaleur et de compréhension, contrastant fortement avec Adnan.

Devant les interrogations de Sixtine et le regard de Noah, Hellia se redressa et se dirigea vers lui, déterminée à affronter cette situation ensemble. Leur complicité était évidente alors qu'elle posait une main rassurante sur son bras. Les visages des deux adolescentes se détachaient clairement dans l’atmosphère tendue : Kenia, à l’écoute avec une sérénité studieuse, et Sixtine, dont les yeux brillaient d'une curiosité vive.

Hellia croisa le regard de Noah, cherchant dans ses yeux le soutien dont elle avait besoin pour aborder cette conversation cruciale. Avec un ton calme, marqué par une touche d’amusement face à la perspicacité de sa fille, elle déclara :
Oui, nous sommes amoureux. Nous nous aimons depuis de nombreuses années maintenant, mais nous nous étions perdus de vue. Ses mots, bien que chargés d’émotion, portaient également une légère ironie, comme si la révélation était une évidence pour ceux qui savaient lire entre les lignes. Elle reprit son souffle, cherchant encore du courage dans les yeux de Noah avant de poursuivre. Nous avons quelque chose d’important à vous annoncer. Cela va profondément transformer notre vie à tous les quatre. Avant qu’elle puisse élaborer davantage, Sixtine, visiblement impatiente et roulant les yeux, intervint d’un ton presque désinvolte. Tu vas donc divorcer et vous allez vous marier.

Hellia ouvrit la bouche pour répondre, mais fut interrompue par l’exclamation soudaine de Sixtine. Les yeux de l’adolescente s’élargirent comme des soucoupes, tandis qu’elle se tournait tour à tour vers Kenia, puis vers les deux adultes. Vous allez avoir un bébé ? Les mots résonnèrent dans la pièce, comme un écho de l’imagination débordante de la sixième année. Si l’idée d’un mariage entre sa mère et Noah Katteridge était acceptable, l’arrivée d’un bébé ne l’enchantait pas du tout.

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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 20/08/2024 à 19:13:18



Noah sentait que ses regards pour Hellia étaient de moins en moins discrets à mesure que le moment de vérité approchait. Bientôt, tout serait révélé, et ils n'auraient plus besoin de se cacher. Ce n'était pas qu'il se cachait par contrainte, mais plutôt par respect pour l'ordre des choses. Après tout, jusqu'à aujourd'hui, Sixtine croyait avoir un autre père. Cette situation allait bouleverser sa vie, et la leur aussi, mais Noah savait qu'ils ne pouvaient plus reculer.

Il observait Sixtine, essayant de contenir l'affection grandissante qu'il ressentait pour elle. Lorsqu'elle entra dans la pièce, sa politesse, son calme, tout en elle respirait la grâce et l'éducation. Il en fut agréablement surpris. Au moins, l'une des deux jeunes filles avait conservé ses manières, se dit-il avec un sourire intérieur, une pensée rassurante dans ce moment de tension.

Alors que Tac, l’elfe de maison, déposait un plateau avec des verres et une carafe d’eau devant eux, Noah sentit l’atmosphère se charger de non-dits. Il s’apprêtait à proposer des rafraîchissements, une tentative pour gagner un peu de temps, pour calmer son esprit tourmenté, mais Sixtine le devança, pensant avoir saisi ce qui se passait. Alors oui mais… fin non on est p… fin, balbutia-t-il, ses mots se percutant dans l’urgence de se justifier. Noah, déconcerté, sentit la panique monter en lui. Il n’était pas prêt, pas comme ça, pas aussi vite. Il jeta un regard de détresse à Hellia, espérant qu'elle puisse reprendre les rênes.

Hellia, toujours aussi posée, s'avança et prit la parole avec une douceur et une clarté qui contrastait avec le chaos intérieur de Noah. Elle annonça calmement aux deux jeunes filles la vérité. Kenia, de son côté, resta silencieuse, ses yeux trahissant une curiosité grandissante. Elle ne s’était jamais posé beaucoup de questions, acceptant les choses telles qu'elles se présentaient. Mais à cet instant, une pointe de curiosité brûlait en elle, même si elle n'était pas du genre à savourer le suspense. Elle voulait juste savoir, comprendre ce qui se cachait derrière toutes ces précautions.

Noah prit une profonde inspiration, sentant que le moment de reprendre la parole était venu. Ils avaient convenu de tout dire, de ne rien cacher. Peu importe la manière dont il s'y prendrait, la vérité devait éclater aujourd'hui. C'était le plan, et il s'y tiendrait, quoi qu'il en coûte.

Sixtine, commença-t-il en cherchant les mots qui allaient suivre. C’est une excellente question. Il perçut son hésitation à nommer Adnan devant lui, et il décida de le faire à sa place. Si Adnan et ta mère décident un jour de divorcer, sache, Sixtine... Il marqua une pause, sentant le poids des mots qu'il s'apprêtait à prononcer. Il tourna son regard vers Hellia, ses yeux cherchant en elle le courage nécessaire pour continuer. Je demanderais sans hésiter la main de ta mère, car oui, son regard se fit plus intense, plus franc, je l’aime.

Il n'y avait plus qu'à espérait que Sixtine ne le prendrait pas trop mal qu'il arrive un peu du jour au lendemain et tente de s’immiscer dans sa vie, lui voler celui qu'elle avait toujours considérer être son père et le remplacer.

Il y eut un silence, lourd de révélations. Noah observait Sixtine, qui semblait digérer ses paroles avec une curiosité enfantine mêlée à une compréhension précoce. Elle était si brillante, si vive. Noah se surprit à imaginer tout ce qu'il avait manqué en n'étant pas là pour la voir grandir. Elle avait tant de traits qui lui rappelaient Hellia, cette même vivacité, cette même lumière.

Ce n’est pas encore prévu, Sixtine, poursuivit-il, essayant de faire preuve de la même clarté que Hellia. Mais il sentait que les mots allaient être difficiles à aligner, comme s’il naviguait sur un terrain miné. Il adorait prononcer le nom de sa fille, il adorait son prénom, il adorait ce que ça lui rappelait, il ferait comme les elfes et utiliserait son prénom à tout bout de champ. Mais par le passé... Il marqua une autre pause, rassemblant ses pensées. Par le passé, nous avons eu un enfant. Il savait que cette phrase serait un choc. Il tourna brièvement son regard vers Kenia, cherchant à se dédouaner d'une manière ou d'une autre, peut-être par égoïsme. Je l’ai appris il y a peu, ajouta-t-il en adressant un regard chargé d'émotion à Hellia, une tentative pour partager ce fardeau. Cet enfant, c’était toi, Sixtine.

Les mots résonnèrent dans la pièce, comme un écho qui ne voulait pas s’éteindre. Noah sentit le poids de la révélation s’abattre sur lui, mais il savait qu'il n'y avait pas d'autre choix. C'était la vérité, brute, sans fard. Et maintenant qu'elle était dite, il ne leur restait plus qu'à l'affronter ensemble.



Les spectres du passé - Natacha Tchaïviev
Je t'avais manqué ? - Deliah Thompson
Magic comes with a price - Camille Dubois
L'école de la vie en noire - Amaryllis Clyfford
La caverne aux Mille Visages - Six/Hellia St.James
Un bien étrange jardin - Otto Crowford
Nos Ombres Dévoilées - Hellia St.James
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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 20/08/2024 à 21:19:42

Le regard perçant de Sixtine allait de sa mère à Noah, scrutant chacun d’eux avec impatience, attendant une réponse qui tardait à venir. Lorsque le frère de Kenia tenta de parler, il ne réussit qu’à bégayer quelques mots confus, presque incompréhensibles. La Serpentard, mi-étonnée, mi-amusée par cette scène, se mordit légèrement la lèvre pour étouffer un rire. La maladresse de l’adulte, peinant à exprimer ses sentiments, la fascinait autant qu’elle la divertissait. D’un coup d’œil complice, elle partagea son amusement avec Kenia.

L’aîné des Katteridge prononça son prénom et elle fut surprise par l’intensité qui marquait sa voix. Elle releva la tête, croisant son regard avec une attention nouvelle, penchant légèrement la tête, comme pour capter chaque mot. Cependant, lorsqu’il mentionna le prénom de son père, un frisson la traversa, glacé et involontaire. Même l’évocation de ce prénom lui était devenue insupportable, un rappel douloureux de tout ce qu’elle voulait fuir. Ses yeux bleus se voilèrent d’une ombre fugace, une fraction de seconde à peine, avant qu’elle ne se reprenne et hoche la tête en signe de compréhension.
D’accord, murmura-t-elle simplement, son ton plus détaché, presque mécanique. Puis, elle se tourna vers Hellia, son visage redevenu sérieux. Vous vous aimez. Et du coup, c’est quand que tu vas divorcer alors ?

La question, bien que posée avec une apparente légèreté, trahissait l’anxiété sous-jacente de la jeune fille. L’idée que sa mère et Noah soient amoureux lui semblait positive, une promesse d’une vie plus stable et même, avec un peu de chance, plus heureuse. Et si cela signifiait qu’elle et Kenia pourraient vivre sous le même toit, c’était une perspective qui la réjouissait d’autant plus. Mais ce qui la préoccupait réellement, ce qui faisait battre son cœur un peu plus fort dans sa poitrine, c’était la possibilité d’un divorce. L’espoir, timide mais persistant, que ce divorce puisse enfin la libérer de l’ombre oppressante d’Adnan De Berkeley.

La sixième année observait sa mère et Noah, qui échangeaient des regards chargés de soutien mutuel. Ils semblaient chercher l’un dans l’autre la force de poursuivre cette conversation, comme s’ils redoutaient une réaction explosive de sa part. Ce qui la fit sourire intérieurement, car si elle avait tendance à réagir avec intensité, ce n’était jamais sans raison valable. Cette situation, bien qu’inattendue, ne semblait pas assez grave pour justifier une telle réaction de sa part. Il aurait fallu que quelque chose d'énormément perturbant menace de bouleverser sa vie de manière drastique.
Nous allons vivre tous ensemble alors ? Et où ça ? Ici ou à Aberdeen ? Et Aerin et Greyne ? Et Orphée ? Les questions fusaient dans son esprit, se bousculant sans ordre ni priorité, cherchant à éclaircir ce qui allait advenir de leur vie.

Quand Noah reprit la parole, affirmant qu’un bébé n’était pas encore prévu, elle laissa échapper un soupir de soulagement, presque involontaire. L’idée d’un nouveau-né dans cette nouvelle dynamique familiale ne l’enchantait guère, elle n’était pas prête pour un tel bouleversement. Elle échangea un regard avec Kenia, pensant que les révélations étaient désormais terminées et qu’ils allaient pouvoir passer à autre chose. Mais Noah continua, et ce qu’il dit ensuite la stupéfia.
Comment ça, vous avez eu un enfant ? s’exclama-t-elle, l’étonnement se mêlant à l’incrédulité dans sa voix. Elle remarqua alors le regard qu’il lançait à sa sœur. Son esprit s’emballa instantanément, tissant des scénarios qui se succédaient à une vitesse fulgurante. Se levant brusquement, elle fixa tour à tour sa mère, Noah, puis Kenia, une expression de confusion grandissante se peignant sur son visage.

Les pièces du puzzle se mettaient en place dans son esprit, et l'idée que Kenia puisse être cet enfant lui traversa l'esprit, provoquant une onde de choc. Est-ce que cela signifiait que Kenia et elle étaient en réalité sœurs ? Était-ce la raison pour laquelle elle avait ressenti ce lien particulier avec elle ? Avant qu’elle ne puisse articuler ces pensées à voix haute, Noah finit par lâcher la vérité, chaque mot s’imprimant dans son esprit avec une clarté effrayante.

La révélation venait de tomber comme un couperet, et Sixtine, figée sur place, peinait à comprendre la portée de ce qu’elle venait d’entendre.
C’était moi ? Sa voix s’était réduite à un murmure, un souffle incrédule. Ses yeux passaient de Noah à sa mère, scrutant leurs visages comme s’ils avaient perdu la raison, comme si leur place était plutôt à Sainte-Mangouste qu’ici, dans ce salon qui lui paraissait soudain si oppressant. Droite face à eux, elle essayait désespérément de mettre de l’ordre dans les pensées qui se bousculaient dans son esprit, tentant de saisir cette vérité qui venait de bouleverser son monde.

Puis, tout à coup, la colère éclata en elle, aussi brûlante qu’un sortilège incendiaire. Son regard se fit plus dur, sombre, tandis qu’elle plantait ses yeux flamboyants dans ceux de sa mère.
C’est vrai ? Dis quelque chose, maman ! Hellia, d’un geste lent, hocha la tête, une ombre de regret dans ses yeux. Oui, Six, ce que vient de dire Noah est vrai. Je... Lorsque j’ai découvert que j’étais enceinte, nous n’étions plus en contact, et je n’ai pas voulu lui imposer cette situation. C’était une erreur, je le reconnais aujourd’hui. Et... Sixtine l’interrompit, sa voix tremblante de fureur. Tu as osé faire ça ? Tu as osé me cacher ça tout ce temps ? Sa colère était si intense qu’elle sentait ses poings se serrer, l’envie irrésistible de casser quelque chose montant en elle, comme un ouragan intérieur qu’elle peinait à contenir. Dans cet instant de rage, elle en oublia presque la présence des deux Katteridge. Le pire, tu entends ? Elle cracha les mots, sa voix brisée par l’émotion. Le pire, c’est que tu sais que je ne veux plus entendre parler de… de… Tu sais qui ! Et même là, même là, tu n’as rien dit !

Les larmes, qu’elle avait jusqu’ici réussi à retenir, commencèrent à couler le long de ses joues. Elle détourna brusquement les yeux des adultes et se dirigea vers la porte du salon, chaque pas lourd de désespoir. Mais à mi-chemin, elle s’arrêta, réalisant qu’elle n’était pas chez elle, qu’elle ne pouvait pas simplement fuir dans sa chambre et claquer la porte derrière elle pour s’enfermer dans sa douleur. D’un geste rageur, elle essuya ses larmes avec la paume de sa main, puis se tourna lentement vers Noah, le cœur battant à tout rompre.

Elle l’observa en silence, ses yeux embués de larmes, cherchant désespérément quelque chose de familier dans son visage, une ressemblance qui pourrait rendre tout cela plus réel, plus tangible. Est-ce qu’elle lui ressemblait? Ils avaient la même couleur de cheveux, une teinte sombre et profonde qui semblait porter en elle un monde de secrets.
Monsieur Katt… Sa voix se brisa, et elle s’interrompit, réalisant soudainement qu’elle ne savait même pas comment s’adresser à lui. Ce père inconnu devait-il être traité comme un étranger ou comme quelqu’un de plus intime ? Elle reprit d’une voix tremblante, ses mots hésitants trahissant sa confusion. Est-ce qu’il y a un endroit où je pourrais me retrouver seule, s’il vous… Une seconde d’hésitation. Vouvoyer ou tutoyer ? Elle ne savait plus quoi penser, ni comment naviguer dans cette mer de nouvelles émotions qui l’assaillaient. Je veux être loin d’elle. finit-elle par murmurer en évitant de regarder sa mère.

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Poudlard
Adulte
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 20/08/2024 à 22:55:48


Noah demeura silencieux, ses pensées tourbillonnant alors que Sixtine exprimait son malaise avec une franchise désarmante. Ses paroles étaient comme des flèches, des flèches qui auraient pu réellement blesser si le sujet avait vraiment été sensible à ses yeux. Il échangea un regard avec Kenia, une surprise partagée se lisant dans leurs yeux. Mais cette surprise se mua rapidement en une chaleur inattendue qui fit naître un sourire sur les lèvres de Noah, un sourire qu’il n’arrivait plus à contenir. Cette petite Sixtine, avec son franc-parler et sa lucidité tranchante, venait de lui montrer qu’ils partageaient une même vision, une même détermination. Leur complicité naissante lui donnait de l’espoir, celui de ne pas être seul dans cette tempête pour rompre le mariage de Hellia et Adnan.

Intérieurement, Noah était soulagé de voir que Sixtine osait mettre ces sujets difficiles sur la table. C’était nécessaire, inévitable même. Il n’avait jamais pris le temps de se demander ce qu’elle préférerait pour leurs futurs choix de vie. Noah avait commencé à y songer, mais c’était vrai qu’il s’agissait là de questions importantes. Il ne voulut pas trop prendre les devants sur cette réponse, et puis si c’était pour dire qu’il ne savait pas, ça ne servait pas à grand-chose. Il préféra donc laisser la suite de la conversation prendre place.

Pris entre deux feux, Noah ne savait plus où se placer. D’un côté, il comprenait parfaitement les émotions de Sixtine, partageant même son ressentiment. Mais de l’autre, il se sentait piégé par le temps qui était passé, le forçant à accepter, à digérer une réalité qui lui pesait. Soutenir Hellia ? C’était devenu impossible, ses mots seraient vides de sincérité, et Sixtine, si intuitive, s’en rendrait compte immédiatement.

Les larmes de Sixtine, silencieuses mais lourdes de sens, ravivèrent en Noah un souvenir douloureux. Il se revit, quelques semaines auparavant, dans la forêt, à lutter contre une peine similaire. Ce fut comme un automatisme : il se leva pour aller vers elle. Mais il s’arrêta net, conscient que, bien qu’il soit son père, ce lien restait fragile, à peine esquissé. Il ne voulait pas brusquer les choses, risquer de tout briser en voulant aller trop vite.

Sixtine, avec sa politesse retenue, créait une distance qui lui serrait le cœur. Elle semblait vouloir ériger une barrière entre eux, une barrière que Noah ne savait comment franchir. Pourtant, il ne pouvait ignorer l’occasion qui se présentait : elle avait exprimé un besoin, et c’était une chance pour lui de s’en rapprocher. Il lança un regard vers Hellia, un de ces regards lourds de sous-entendus, comme pour lui dire Je vais m’occuper d’elle, ne t’inquiète pas. Mais une autre pensée le traversa : Kenia. Depuis le début de cette conversation, elle n’avait pas prononcé un mot. Qu’éprouvait-elle en ce moment ? Comment digérait-elle la nouvelle ?

Suis-moi, Sixtine, murmura-t-il avec douceur, cherchant à ne pas la brusquer. Il avait bien saisi qu’elle désirait être seule, mais il ressentait aussi le besoin de lui parler, de créer une connexion, ne serait-ce que fragile. Ils se dirigèrent vers le cloître, ce lieu paisible où Noah trouvait souvent refuge. Là, il demanda à Tic, qui s’affairait au jardinage, de leur accorder un peu d’intimité. Il s’assit sur le bord en pierre, invitant Sixtine à le rejoindre.

Je sais que tu veux être seule, et je respecterai ton besoin d’espace, commença-t-il, sa voix empreinte de douceur. Mais avant, j’aimerais qu’on discute, juste toi et moi. Il prit une grande inspiration, cherchant les mots justes. Ta mère… elle m’a annoncé ça la semaine dernière, et pour être honnête, je l’ai très mal pris. Tellement mal que… j’ai littéralement fait s’effondrer le kiosque où nous nous trouvions. Un rire nerveux, teinté de tristesse, échappa à Noah. Avec le temps, tu verras, on finira par lui pardonner. Pas parce qu’elle le mérite, mais parce que garder de la rancœur finit par nous ronger. Oui, son choix était lâche, je ne vais pas te mentir. Mais parfois, la vie nous impose des décisions difficiles, des choix que l’on aurait préféré ne jamais avoir à faire. Un jour, tu devras faire tes propres choix, et j’espère de tout cœur qu’ils seront moins douloureux que ceux auxquels ta mère a dû faire face.

Noah se leva, se tenant devant elle, leurs regards à hauteur égale. Il approcha doucement sa main pour essuyer les larmes qui continuaient de couler sur les joues de Sixtine, un geste à la fois protecteur et tendre. Je dois t’avouer quelque chose, dit-il, sa voix presque chuchotée. J’ai du mal à m’habituer à l’idée que tu sois ma fille. C’est encore nouveau pour moi, et je suppose que ça l’est aussi pour toi. Mais j’espère qu’avec le temps, nous pourrons vraiment nous considérer comme père et fille. Je suis impatient de t’entendre m’appeler papa, mais ça viendra quand tu te sentiras prête. Il n’y a pas de précipitation, nous avons tout le temps devant nous. Quant à vivre ensemble… on le fera quand tout le monde se sentira prêt. Il n’y a aucune urgence, ce qui compte, c’est que chacun trouve sa place et son équilibre.

Avant de retourner vers le salon, où Kenia et Hellia l’attendaient probablement, Noah se pencha légèrement vers Sixtine, ses yeux cherchant les siens. Si jamais tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à venir me voir. Je serai toujours là pour toi, et je te le promets : je ferai de mon mieux pour t’aider, quoi qu’il arrive. Puis, après un dernier regard, il se redressa et fit demi-tour, espérant que ces mots auraient semé les graines d’une relation nouvelle, une relation à construire pas à pas, sans hâte, mais avec une sincérité profonde.




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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 21/08/2024 à 15:12:05

Sans accorder un regard à sa mère, Sixtine suivit Noah en silence, quittant ce salon où l’air s’était fait trop lourd, trop étouffant pour elle. Leurs pas résonnaient faiblement dans les couloirs, un écho de la tempête qui grondait dans son cœur. Noah la mena jusqu’au cloître, un lieu calme et isolé. Après avoir congédié l’elfe de maison, il s’installa sur un bord de pierre, laissant à l’adolescente tout l’espace dont elle avait besoin pour respirer.

Debout devant lui, les épaules légèrement voûtées sous le poids des émotions, elle fixait le sol à travers ses larmes. Elle se sentait perdue, prisonnière d’un tourbillon de sentiments qu’elle ne savait comment maîtriser. Elle avait envie d’être ailleurs. Mais pas n’importe où. Elle savait exactement où son cœur la portait : en Russie, auprès de Keith. Lui seul comprenait ses silences et ses peines sans qu’elle n’ait besoin de parler. Si seulement le transplanage pouvait l’y emmener, elle serait partie sur-le-champ, trouvant refuge dans la présence rassurante de celui qu’elle considérait comme son âme sœur.

Lorsque Noah prit la parole, sa voix douce et mesurée résonna dans l’air frais du cloître. La Serpentard leva les yeux vers lui, ses larmes trahissant encore le chaos qui régnait en elle. Il y avait dans son regard une tendresse qu’elle ne connaissait pas, une promesse de compréhension et de patience. Incapable de formuler une réponse, elle se contenta de hocher la tête, acceptant tacitement d’écouter. Les mots lui manquaient encore, coincés quelque part entre son cœur et sa gorge, mais elle savait que cette conversation était inévitable, qu’elle devait affronter cette nouvelle réalité, aussi bouleversante soit-elle.

Tout comme elle, Noah avait été pris au piège d'un secret, mis devant un fait accompli qui le concernait directement, mais qui lui avait été dissimulé. Il évoquait des choix douloureux, ces décisions imposées par la vie, qui ne laissent personne indemne. Il parlait avec une sagesse née de l'expérience, mais aussi avec une vulnérabilité qui résonnait étrangement en elle. Lorsqu'il lui avoua avoir brisé un kiosque en apprenant la vérité, un léger sourire fendit les larmes de Sixtine. Elle aussi aurait voulu tout casser, comme pour libérer la tempête qui grondait en elle. Elle l'écoutait attentivement, mais malgré les mots réconfortants qu'il essayait de lui offrir, elle ne pouvait s'empêcher de sentir une profonde amertume. Elle n’était peut-être qu’une adolescente, une jeune fille qui ne comprenait pas toutes les nuances et subtilités de la vie adulte, mais son cœur, dévoué à Keith, ne pouvait accepter l’idée que sa mère ait choisi d’épouser un homme qu’elle n’aimait pas alors qu’un autre faisait battre son cœur et que ce dernier partageait ses sentiments.


C’est elle qui a choisi de faire ce choix douloureux, murmura-t-elle, sa voix tremblante sous le poids de l’émotion. Personne ne l’a obligée. Chaque mot était chargé de rancune, trahissant la douleur qui la rongeait. Et maintenant, c’est nous qui devons en subir les conséquences. Sans s’en rendre compte, elle incluait Noah dans sa peine, dans cette révélation qui venait de bouleverser sa vie. Peut-être parce qu’il partageait désormais ce fardeau avec elle, un lien tacite se créait entre eux, un lien qui n’était pas seulement celui de la famille qu’on leur disait être, mais aussi celui de deux âmes touchées par la même trahison.

Lorsqu’il approcha délicatement sa main pour essuyer les larmes qui perlaient sur ses joues, Sixtine ressentit une surprise mêlée de réconfort. Ce geste, à la fois tendre et protecteur, l’apaisait d’une manière inattendue. Elle se surprit à ne pas reculer, à accepter cette attention qui portait en elle une douceur paternelle. Si elle avait été encore une enfant, peut-être se serait-elle blottie contre lui, cherchant l’étreinte qui aurait pu étancher sa douleur. C’est ce dont elle avait besoin à cet instant précis. Quelqu’un qui la comprenne, qui la prenne dans ses bras et absorbe sa peine.

Mais elle avait seize ans, et devant elle se tenait un homme qui, malgré les révélations, restait un étranger. Elle l’observait avec une attention nouvelle, scrutant les traits de son visage, cherchant à comprendre s’il pourrait un jour combler ce vide que sa mère avait laissé en elle avec ses secrets. Une question brûlait en elle, douloureuse et inévitable : pourrait-elle un jour pardonner à sa mère ? Et serait-elle capable, un jour, de regarder Noah et de l’appeler papa ?
Vous... Elle s’interrompit, se rendant compte de l’incongruité de ce vouvoiement qui désormais sonnait faux. C’est encore tellement nouveau pour moi, il va me falloir du temps, murmura-t-elle, comme pour s’excuser de la distance qu’elle maintenait malgré elle.

Lorsque Noah lui promit d'être toujours là pour elle, de faire tout ce qui était en son pouvoir pour l'aider, Sixtine sentit son cœur se serrer douloureusement. Ces mots, prononcés avec tant de sincérité, étaient exactement ceux qu’elle avait rêvé d’entendre, enfant, de la part de celui qu'elle avait cru être son père. L'émotion lui serra la gorge, la laissant incapable de répondre autrement que par un nouveau hochement de tête. Une nouvelle vague d'émotions la submergea, mais cette fois, un éclair de lucidité la traversa.

Alors que Noah se retournait pour la laisser seule, respectant son besoin de solitude, elle se précipita vers lui, attrapant la manche de sa veste avec une urgence qui trahissait sa panique.
Attends ! s'exclama-t-elle, ses yeux brillants d'une peur palpable. Des images du sorcier qu’elle avait appris à craindre, envahissaient son esprit. Elle se souvenait des moments où elle avait été témoin, bien malgré elle, de ses agissements, de cette cruauté sourde qui l'habitait. Il est dangereux, murmura-t-elle d'une voix tremblante, consciente que Noah ne pouvait pas deviner le fil de ses pensées. Voyant l’incompréhension dans ses yeux, elle se força à prononcer ce nom qui lui brûlait les lèvres. Adnan... Il ne doit jamais savoir pour tout ça.

Professeure
Auror
Photographe
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Poudlard
Adulte
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 21/08/2024 à 15:15:38

À l'intérieur du salon, un silence s'était installé depuis le départ de Sixtine et Noah. Hellia, toujours debout, fixait la porte qui s’était refermée sur eux. Tout son être lui criait de les rejoindre, de prendre sa fille dans ses bras et de lui expliquer, mais elle comprit le message silencieux dans le regard de Noah : c'était un moment crucial pour lui, une chance de créer un lien avec Sixtine. Elle ne devait pas interférer.

La Fourchelang détourna lentement les yeux de la porte, se souvenant de la présence de Kenia, restée étrangement silencieuse au milieu de cette tempête de révélations. Elle tourna la tête vers elle, cherchant dans ses traits une quelconque réaction, un signe de ce qu'elle pouvait ressentir.
Est-ce que ça va, Kenia ? demanda-t-elle d'une voix douce, empreinte d'une inquiétude sincère. Elle s’installa à côté d’elle sur le canapé, prenant soin de ne pas envahir son espace, respectant la distance qu’elle imaginait nécessaire. Tu as le droit de réagir toi aussi, si tu en as envie, reprit-elle avec délicatesse. Ça te concerne aussi, tout ce chamboulement. Elle savait à quel point ce moment pouvait être déroutant pour la jeune fille, qui se retrouvait soudain plongée dans des dynamiques familiales bouleversantes.

Elle s'inquiétait de ce que cette enfant, qui avait tant perdu et pour qui son frère était tout, puisse se sentir exclue ou mise de côté par les événements. Hellia voulait qu'elle sache qu'elle comptait aussi, que ses pensées, ses sentiments, et ses craintes avaient leur place ici.
Je sais que tout cela doit te paraître... étrange, continua-t-elle avec douceur, cherchant à établir un pont de confiance. Ton frère, Sixtine, moi... C’est beaucoup à absorber. Et je ne veux pas que tu te sentes mise de côté ou inquiète pour l’avenir. Ses mots étaient empreints d’une chaleur sincère, d’un besoin de rassurer, de tisser un lien de sécurité autour de cette jeune fille, tout comme elle souhaitait le faire pour sa propre fille. Elle espérait que Kenia se sente assez en confiance pour partager ce qu’elle ressentait, que ce soit de la peur, de l’espoir, ou même du scepticisme. Après tout, tout le monde, dans cette pièce, avait besoin de trouver sa place dans ce nouveau chapitre de leurs vies.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 22/08/2024 à 21:20:48



Abigail, l’alter protectrice et persécutrice ~ celle qui a endossé un maximum les persécutions pour protéger le reste du système. Très souvent en co-front, elle laisse tout aller jusqu'à ce que son rôle soit requis.


Kenia se sentait d'une certaine façon un peu externe à tout ça, comme si elle n’avait pas réellement son mot à dire. Noah n'était que son frère en soit, ce qui faisait de Sixtine sa nièce. Pas d'énormes changements au planning, elle restait plus jeune qu'elle. Néanmoins elle comprenait la réaction de Sixtine, apprendre qui est son père doit être bouleversant, Kenia avait du mal à s'imaginer rencontrer le sien. Une chance pour elle qu'il croupissait à la cave et n'en sortirait jamais.

Elle fut néanmoins un peu chamboulée par la question de Hellia, devait-elle se sentir mal, offensé ? Réagir comme Sixtine sous prétexte qu'on leur avait caché leur liens ? Noah semblait ne pas l'avoir appris il y a très longtemps et elle se voyait mal en vouloir à Hellia. Elle avait si souvent endossé le rôle de celle qui encaisse tout sans broncher, qu'elle avait fini par oublier comment réagir autrement. Les coups durs, les déceptions, les mots blessants, tout glissait sur elle sans jamais provoquer de réaction. Son passé le lui avait obligé. On l’interdisait de répondre et au fil du temps elle avait fait en sorte de ne plus se laisser atteindre non plus. On lui avait inculqué, depuis si longtemps, l'art de se taire, de ne pas faire de vagues, que sa voix intérieure s'était presque éteinte. Elle ne savait plus comment exprimer ce qu'elle ressentait réellement, comme si chaque mot qu'elle aurait pu prononcer était prisonnier d'un silence devenu trop lourd à briser. Elle errait dans un monde où ses émotions n'avaient plus de place, où chaque tentative de parler semblait un effort vain. Cette habitude de tout ravaler, de tout enfouir au plus profond d'elle-même, l'avait façonnée, la transformant en une ombre d'elle-même, incapable de retrouver le chemin de ses propres pensées, de ses propres désirs. Oui, ça va Rassurer son entourage, elle ne savait faire que ça. Au fond d'elle, elle espérait seulement que ça ne changerait pas son amitié avec Sixtine.

Hellia semblait vouloir insister sur comment elle se sentait et cru bon de réellement se poser la question. D'une certaine façon c'était peut être une bonne chose, elle allait retrouver une famille. Je ne me sens pas vraiment inquiète, je pense que pour quelqu'un qui n'a jamais eu de vie de famille en tant que tel se rendant compte de ce que Hellia pourrait comprendre elle reprit ce qu'elle était en train de dire. Avec Noah c'est super, il s'occupe super bien de moi, il n'y a pas à dire, mais parfois ça manquerait d'avoir un père, une mère, une sœur… fin je sais que ça ne va pas être le cas mais si on oublie un instant les liens familiaux et qu'on se fie aux âge j'imagine que ce sera comme ci. Elle avait encore du mal à imaginer Hellia comme une mère toutefois. Malgré son ton chaleureux elle semblait être inatteignable mais probablement que ça prendrait du temps.

Le retour de Sixtine et Noah prenait son temps et Kenia vint à se demander de quoi ils pouvaient bien parler, l'un rencontrer sa fille et l'autre son père avec de nouveaux yeux. Cela amena une question aux lèvres de la jeune fille qu'elle hésita au début à poser. Mais un instant plus tard, elle était lancé Hellia ? Si vous me permettez de poser une question… Il a réagit comment mon frè… euh Noah quand il l'a appris ?


Willy Hopkins ~ Golden Hour
Brian Parrish ~ Deux blaireaux en vadrouille
Six/Hellia St.James ~ La caverne aux Mille Visages
Camille Dubois ~ Magic comes with a price
Lawrence Holmes ~ La taille des arbres
Everest Howell ~ La pièce manquante



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Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 23/08/2024 à 09:51:37



Il n’était peut-être pas exact de dire qu’il était surpris que Sixtine se laisse faire, mais ce qui était certain, c’est qu’il se sentait profondément soulagé. Soulagé de constater qu’elle ne le repoussait pas, qu’elle ne dressait pas de nouvelles barrières entre eux. Ce simple fait, cette ouverture, même minime, le réconfortait plus qu’il ne l’aurait imaginé. Rassuré de ne pas être rejeté, apaisé par l’idée qu’ils pourraient enfin avoir une conversation à cœur ouvert, il sentait grandir en lui la conviction que tout finirait par s’arranger. Un jour, il en était sûr, ils formeraient une famille, solide et unie.

Noah savait qu’il était inutile de tenter de réprimer la colère de quelqu’un, alors il laissa sa fille exprimer ses émotions sans intervenir. Plutôt que de chercher à défendre Hellia à tout prix, il choisit d’écouter attentivement, cherchant à comprendre ce qui se cachait derrière ses paroles, au lieu de lui en donner qui manquerait de sincérité. Au fond de lui, il avait encore une petite part de colère enfoui. Cette part refaisait un peu surface maintenant qu’il avait Sixtine en fasse de lui, il l’aimait beaucoup cette petite et il aurait tellement aimé la voir grandir. Il se connaissait, il ferait de son mieux pour rattraper le temps perdu. C’était un peu comme avec Kenia. Il l’avait retrouvée juste avant son entrée à Poudlard, mais à part pendant les vacances, ils ne passaient pas beaucoup de temps ensemble. On ne pouvait pas dire qu'ils se voyaient souvent.

Il comprit rapidement le malaise qui s'installait entre le tutoiement et le vouvoiement. Lui aussi aurait besoin de temps avant de pouvoir la prendre dans ses bras, la bercer (est-ce qu'on faisait encore ça à 16 ans ?), ou partager des moments père-fille. Conscient de la délicatesse de la situation, il lui adressa un sourire rassurant, comme pour lui dire que tout cela était normal, que ce cheminement prendrait le temps qu'il fallait.

Sixtine venait de mettre en lumière ce qu’il n’avait pas encore pleinement réalisé : la raison pour laquelle il s’était senti si proche d’elle après la révélation, et pourquoi il l’avait instinctivement suivie. Ils partageaient quelque chose de profond, un lien unique. Leurs personnalités se complétaient parfaitement, et sans même s'en rendre compte, il l’aimait déjà comme sa propre fille.

Lui donnant de quoi réfléchir il n’aurait pas pensé qu’elle veuille perdurer sa présence, et il fut surpris qu’elle le rappelle. D’autant plus pour la raison de cet appel. Adnan ? Dangereux ? Il était prêt à le croire, mais pourquoi Sixtine disait-elle cela ? Lui avait-il fait du mal ? Une inquiétude sincère se dessina sur son front. Sixtine, pourquoi... Enfin, comment tu sais ça ? Est-ce qu'il t'a fait du mal ? demanda-t-il avec une voix dans laquelle on pouvait entendre un peu d'angoisse. Hellia est-elle au courant ? Mais au courant de quoi, exactement ? Il tenta de la rassurer : Ne t'inquiète pas, il ne sera au courant de rien, et de toute façon, je doute que nos chemins se croisent.





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